Romantisme. Poèsie. Nature. Belles images. Fées, anges
L'hiver, quand on fermait
A grand bruit lourd, les lourds volets,
Et que la lampe s'allumait
Dans la cuisine basse,
Des pas se mettaient à sonner,
des pas, des pas,
Au long du mur, sur le trottoir d'en face.
/http%3A%2F%2Fnsa03.casimages.com%2Fimg%2F2008%2F12%2F11%2F%2F081211020037885152.jpg)
Tous les enfants étaient rentrés,
Rompant leurs jeux enchevêtrés ;
Le village semblait un amas d'ombres
Autour de son clocher,
D'où les cloches déjà laissaient tomber,
Une à une, les heures sombres
Et les craintes sans nombre :
Paquets de peur, au fond du coeur,
/http%3A%2F%2Fnsa03.casimages.com%2Fimg%2F2008%2F12%2F11%2F%2F081211021416538626.jpg)
Et malgré moi, je m'asseyais tout contre
Les lourds volets et j'écoutais et redoutais
Ces pas, toujours ces pas,
Qui s'en allaient à la rencontre
De je ne savais quoi d'obscur et de triste,
là-bas.
Je connaissais celui de la servante,
Celui de l'échevin, celui du lanternier,
Celui de l'âpre et grimaçante mendiante
Qui remportait des blaireaux morts,
en son panier ;
Celui du colporteur, celui du messager
Et ceux de Pieter Hoste et de son père.
Emile Verhaeren